Le tissu comme laboratoire et espace de rencontre

 

Je conte qui je suis en me racontant avec le chant du monde

PETIT à PETIT,

je vois…je ressens…j’observe… j’apprends… je comprends, autour de moi,

la ville, ces matériaux…les plantes…les fleurs…les arbres…le vent…le ciel…

les nuages…les fleuves…le lac…les odeurs…le feu…la nuit…les étoiles…les saisons…le soleil

les humains, les terrestres, les oiseaux, les insectes, les animaux

PETIT à PETIT,

je ressens…ce qui se passe en moi… mes émotions…mes envies

PETIT à PETIT,

j’apprends à communiquer, à être avec

PETIT à PETIT,

j’apprends la mesure du temps et de l’espace, la patience, les valeurs.

Pourquoi j’imprime les feuilles, les fleurs sur le tissu ? Pourquoi je trempe les tissus dans des bains d’herbes et de fleurs ?

Parce que ces éléments font partie de mon existence, parce qu’ils soutiennent la santé de mon corps. Parce que ma vie a besoin des mouvements de la mise en danse que nous exécutons ensemble.

Les promenades, les arpentages, les gestes me propulsent dans une autre dimension loin de la vie sociale, des distractions urbaines, de la consommation. Par mes sens la terre informe mes pensées et guide mes actions.

J’accueille sur le tissu ce qui veut bien se révéler, s’ancrer, pimenter… Ce qui reste présent par strates de temporalités diverses. Ce sont, moments, expériences de co-naîssance entre les plantes les toiles et moi-même.

Une alchimie telle que dans mes cellules. Là où la volonté de façonner, de construire, d’ajuster, d’obtenir des résultats précis se dissout dans l’intuition et l’accueil. Cadeau offert à une époque, à un lieu qui permet ce genre de pérégrination, à la vie d’ici et d’ailleurs.

Minuscules expériences, je vous dépose dans ce lieu de passage, dans ce creuset de fortes expressions humaines et culturelles au Café du Grütli, dans le projet « Néo Arche ». Ce sont les traces des végétaux de ma terrasse, du Bois de la Bâtie, du quartier de St.Jean, du quai du Seujet et des feuilles des arbres du cimetière St.Georges.

Références : «Je est un nous» Jean-Philippe Pierron I « Comment la terre s’est tue » David Abram