marie-claire bevar - kouzu

lundi 26 mai 2008

Hommage au sol

Marcher est un état où l'esprit, le corps et le monde se répondent...








Printemps 1989
"J'ai besoin de marcher, de marcher, de quadriller la ville en tout sens, de sentir son sol sous mes pieds. J'ai besoin de sentir tous ces matériaux qui la composent; béton, asphalte, métal, gravier, cailloux, marbre, pavés, herbe, verre, granit. J'ai besoin de prendre possession de ce sol qui m'entoure de l'absorber de l'engloutir en moi.
Sur la rue je veux être, vivre, m'installer, rester rencontrer, fêter, danser, manifester.
Avant toi la ville, mon territoire était les champs, la fôret, la campagne. Je me couchais, me roulais dans l'herbe, j'observais l'univers qui s'y déployait. Je creusais la terre. Je m'imbibais de la terre. Je faisais des processions au travers des champs pour bénir les récoltes. Je recouvrais le sol de mon village de pétales de fleurs de mousse et de fougères. Je m'élargissais dans tous les sens de mon chemin quotidien."

Objets transitionnels de perception
Produits d'orientation à la réalité

Objets et outils manufacturés sont des prolongements du corps dans le monde, et par conséquent des moyens de le connaître. extrait de l'Art de la marche Rebecca Solnit

C'est vers 1989 que je commence mes investigations, qui me m'inspireront la création des accessoires et des pantoufles qui constituent le travail que j'ai par la suite appellé " HOMMAGE AU SOL". Ai-je au départ été plus interpellée par le sol ou par le pied? Enfant, dans ma famille nous marchions beaucoup, dans la forêt à côté de notre maison, dans le village, dans les montagnes. La campagne où j'ai grandi est forte, large, avec de petites collines sous un ciel immense. J'ai toujours rêvé d'avoir des bottes de sept lieux pour enjamber les collines, peut-être pour apercevoir la mer. Immigrée à l'adolescence à Genève, je vais, je viens toujours à pied, et plus tard en patins à roulettes. Après la campagne, cette ville est devenu mon principal terrain de rencontre avec le réel. Et c'est sur son sol que mon piétinement résonne, que mon regard s'accroche et cherche un au-delà. Un jour, cet au-delà fait résonance à un au-dedans, aux souvenir de l'enfance, des origines, de la terre et des rituels qui l'accompagnent. J'ai donc sûrement tout d'abord choisi de me pencher sur le pied, mais le mot sol vibre en moi. Cette osmose du pied et du sol est tellement puissante, tellement vaste qu'elle m'a confronté avec la complexité des tentatives d'adaptation de l'homme avec son milieu. Mon ambition n'a pas été d'aboutir à une recherche scientifique. J'ai tenté avec mes moyens et au-travers de ma propre réalité de transmettre des observations, des sensations, des traces de mes pas. J'ai tenté d'apprivoiser dans mon quotidien une certaine qualité du temps, une qualité de relation aux objets et aux lieux qui favorisent les notions de plaisir et de jeu. Cette acuité de présence, je l'ai traquée au travers du choix des matériaux ainsi que par les multiples ajustements techniques. J'ai ainsi cherché a favoriser l'émergence des perceptions sensorielles entre le pied et le sol. Ce travail trace un parcours... en moi-même... dans la ville... à la rencontre des autres.

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vendredi 23 mai 2008

adresse e-mail

marie-claire bevar
mcbevar@yahoo.com

jeudi 22 mai 2008

Aliments, fil conducteur

Enseignement:
Célestin Freinet
Enseignement et Philosophie:
Albert Jacquard "Communiquer, c’est mettre en commun, et mettre en commun, c’est l’acte même qui nous constitue.
Hubert Reeves
Pierre Rabhi
Jacques Lacarrière
Annick de Souzenelles
Sogyal Rimpoche
Chögyam Trungpa
Pema Chödröm

Les tissus
Patrice Hugues
Françoise Vincent-Ricard

Le corps Rebecca Solnit " L'art de marcher
David le Breton " Sociologie du corps"
Michel Bernard "Le corps"
Marlyse Schweizer " Mon corps est-ce moi?" Comment parler du corps sans rendre compte de tout ce que je vis.

Visible et invisible, matérialité du corps et mobilité impalpable de l'esprit forme un tout. En tant qu'être vivant incarné, je suis comme une sorte de pont entre les deux mondes, celui de l'organique et celui invisible insaisissable qu'on pourrait appeler le psychisme qui comprend l'esprit et ce quelque chose qui fait qu'on est un être humain et que l'on a une âme.

Par mon corps je vois, j'entends, je sens, je goûte et je palpe toute chose.

À la mémoire de mon corps, des sensations de mon corps, il faut ajouter l'aptitude à imaginer, à rêver et à se représenter le réel. Par mes sens je vais vers le monde en sortant continuellement de mes limites corporelles. Je peux dire également et c'est aussi vrai, que le monde vient sans cesse vers moi par les portes, par les antennes de mes cinq sens. Par eux je participe sans cesse au monde.

Artistes
Markus Raetz
Guiseppe Penone
Patty Smith
Ettore Sottsaass " Le Regard nomade"
Lygia Clarke
[Lucie Orta
Michellangelo Pistoletto
Petra Pistoletto